4 place de la Mairie,
73220 Val-d'Arc

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 Histoire :

 

 

Histoire d'Aiguebelle :

 

De par sa situation géographique, à l'entrée de la vallée de la Maurienne, notre cité a été le témoin privilégié d'une histoire riche en bouleversements, en évènements, en faits d'armes, en invasions...

 L’histoire d’Aiguebelle est intimement liée à l’histoire de la Savoie, à sa voisine de Randens et au Château de Charbonnière. Son nom provient de l’eau de source (aquabella) qui arrivait à la fontaine située en plein centre du village et provenant probablement du ruisseau de Montgilbert. Mais dans une charte de 1044, Aiguebelle était appelée Charbonnière. Ce n’est qu’en 1129 que le nom Aiguebelle est mentionné.

Charbonnière a deux étymologies possibles : la première viendrait d’une fabrique de charbon qui existait autrefois en ces lieux. La seconde correspondrait à une charbonnière sorte de fortification faite de palissades.

Située à l’entrée de la vallée de la Maurienne, voie de communication par excellence, Aiguebelle a vu passer de nombreux et illustres visiteurs… sur la route du Piémont et de l’Italie. Dans les années 200 avant JC, Hannibal, parti à la conquête de Rome, aurait rejoint la Maurienne par le col du Cucheron, les Hurtières et Charbonnière. Au temps des Gaulois, c’est le peuple des Allobroges qui occupe dans notre région. Charlemagne en 763, passant d'Allemagne en Italie, s’arrêta à St-Jean-de-Maurienne où il entreprit d’organiser la Savoie. D’après la Chanson de Roland, l'épée de Roland, "Durandal" aurait été fabriquée aux Hurtières avec le fer des mines.

Aiguebelle avait un prieuré sous le vocable de St-Etienne, dépendant de l'abbaye de la Novalaise en vallée de Suse. La collégiale de Ste Catherine, fondée en 1258 par Pierre d'Aigueblanche à Randens, était appelée collégiale d'Aiguebelle, car les deux villages n’en faisaient qu’un. Randens n'a été détaché d'Aiguebelle qu'en 1738 Le site du château de Charbonnières (Castrum carboneria) a été fortifié au XIème siècle et devient la résidence des premiers comtes de Maurienne. Ceux-ci avaient à Aiguebelle un atelier monétaire qui frappait la plus ancienne monnaie de la Maison de Savoie : le denier d’Aiguebelle. La châtellenie d’Aiguebelle qui s’étendait jusqu’à La Chambre devient une baronnie en 1590 puis en 1768, l’évêque de Maurienne cède sa souveraineté au roi de Sardaigne. Mais jusqu’en 1953, les évêques de Maurienne porteront le titre honorifique de Princes d’Aiguebelle.

 

Le Château de Charbonnière

De nombreux éléments firent de cette fortification une place forte : un roc déboisé (moraine glaciaire), facilitant la surveillance de l’ennemi, des falaises escarpées, une cime couronnée de murs et de casemates. De nombreux sièges se sont déroulés devant la forteresse de Charbonnière :

- 1536 : François 1er, alors roi de France, désire reconquérir le Milanais. Ses troupes incendient et saccagent Aiguebelle et Randens en traversant le territoire de la Savoie car le Duc de Savoie, Charles III n’a pas accepté les revendications françaises sur les territoires de Nice, d’Asti et du Faucigny. Par le traité de Cateau-Cambrésis, le Duc de Savoie Emmanuel-Philibert récupère une grande partie de son territoire, à l’exception de Turin notamment. Il remet en état la place forte et le dote de fortifications.

- 1597 : Le Duc de Lesdiguières, fidèle au roi Henry IV, lieutenant général, défend le Dauphiné contre les empiètements du Duc de Savoie. Il s’empare du fort Barreaux près de Pontcharra, des châteaux de La Rochette et de Chamousset, et commande le siège du château de l’Huile, qui contrôlait la route du col du Cucheron, qu’il prit à l’aide trois canons. Il prend ensuite le Château de Charbonnière. Celui-ci est récupéré en 1598 par le Duc Charles-Emmanuel 1er.

- 1600 : La forteresse de Montmélian était l’enjeu militaire principal de cet épisode de la guerre de Savoie, car c’était une des places les plus fortes d’Europe. Après la prise de la ville de Montmélian, le roi Henry IV et son ministre Sully, laissèrent le sort de la forteresse en attente, et s’occupèrent des autres places fortes : c’est ainsi que les garnisons de Chambéry, de Conflans, qui gardait l’entrée de la Tarentaise, et de Miolans, quoique pourvues de fortes garnisons, se rendirent avant le premier assaut, face à l’énorme artillerie dont était équipée les armées d’Henry IV. Le château de Charbonnière qui était la clef de la Maurienne, fort de sa situation exceptionnelle, crut pouvoir tenir bon. Mais profitant d’une nuit obscure et pluvieuse, créant de plus une diversion sur un autre point, des soldats hissèrent des canons à force de bras sur les sommets dominant le château. Une batterie de 12 canons tira sur Charbonnières plus de 600 coups en quelques jours et la garnison capitula. Dès lors la Maurienne était ouverte et fut soumise très rapidement, à l’image de St Jean de Maurienne. Puis, Moutiers et Briançon tombèrent aussi. Enfin, quelques mois plus tard, la citadelle de Montmélian fut prise après avoir été bombardée sans interruption. La forteresse de Charbonnière, très endommagée fut en partie reconstruite.

- 1630 : le maréchal Charles de Créqui, commandant une des armées de Louis XIII, l’armée du Piémont, sous les ordres du Cardinal de Richelieu, s’empara de Chambéry, d’Annecy, de Miolans, de Montmélian et de Charbonnière.

- En 1690, le marquis de Saint Ruth, commandant les armées de Louis XIV, fait effectuer des réparations sommaires, après avoir envahi et occupé toute la Savoie.

- 1743 : dernier siège et destruction du château de Charbonnière par les espagnols alors que les troupes sardes (la Savoie appartenait à l’époque au Royaume de Piémont-Sardaigne) coupèrent tous les peupliers du secteur d’Aiguebelle-Randens pour préparer la défense du château. Les troupes espagnoles avaient pénétré la vallée par le Galibier et Valloire.

Le château ne sera jamais reconstruit.

 

Sous la Révolution, la Basse Maurienne a été le lieu de violents affrontements entre les Français et les Piémontais.

Sur la route du Mont-Cenis, Aiguebelle est un centre commercial actif. Au XIIIème siècle, il y a plusieurs banquiers juifs ; mais lorsqu’en 1348, la peste noire ravage l'Europe, ceux-ci sont, comme un peu partout, victimes de la colère du peuple et 18 d'entre eux sont massacrés. Au XIVème siècle, ce sont les lombards, venus pour la plupart d'Asti en Piémont, qui remplissent les fonctions de prêteurs. Ville d'étape où les maîtres de postes changent de chevaux et où les voyageurs trouvent gîte et couvert, les cabarets et les hôtelleries sont nombreux : en 1823, il y a encore 33 personnes qui exercent le métier d'aubergistes. Enfin, jusqu'à une époque récente, le marché du mardi et les foires de la St-Claude (6 juin) ou de la St-Martin (12 novembre) attirent beaucoup de monde. L'industrie s'implante tardivement. En 1838, une fabrique d'acide gallique utilise les bois de châtaigniers nombreux dans la région ; elle employait 15 ouvriers. En 1914, au hameau de la Pouille, une usine est construite par la société des fonderies et aciéries électriques, atteignant son apogée industrielle dans les années 1970 avec 360 employés.

 

Sous la Révolution, la Basse Maurienne a été le lieu de violents affrontements entre les Français et les Piémontais. L'armée française de Montesquiou entre en Savoie le 22 septembre 1792 ; lorsqu'un détachement atteint Aiguebelle, il est refoulé sur Montmélian ; le passage ne sera forcé que le 29 septembre et, le 5 octobre, toute la Maurienne est occupée. L'année suivante, les Piémontais contre-attaquent en Haute Maurienne et le général français Ledoyen bat en retraite jusqu'à Aiguebelle; arrivé là le 22 août 1793, il tient sa position. Le 11 septembre, a lieu la bataille d'Argentine : le plateau de l'église, occupé par mille soldats piémontais, est dégagé par l'armée française, qui remonte la vallée. Enfin, en août 1944, lors du repli de l'armée allemande vers l'Italie, la Basse Maurienne est très éprouvée. Les soldats du maquis, installés dans des camps mobiles à Aiton, Argentine et St-Georges, sont actifs : le plus bel exploit est le sabotage du pont ferroviaire de la Pouille le 3 juin 1944. L'armée allemande réagit par des représailles, des prises d'otages et des exécutions. 

(source http://www.123savoie.com )

 

 

 

 

Histoire de Randens :

 

Avant de devenir le nom de toute la commune, ce nom fut porté par un « village » situé sur l'ancien chemin de Bonvillaret. Deux origines du nom Randens sont possibles :

- Origine « Burgonde » vers l'an 443 qui donne le sens de « limite » (RAN : marquant la survivance d'une ancienne frontière entre la Savoie et la Maurienne).
- Origine provenant du bon sens populaire veut que le nom de Randens soit une déformation du verbe rendre... Sur la rive droite de l'arc, s'étend un sol fertile rendant beaucoup.

Entre 1051 et 1060, Agindric, lieutenant d'Humbert aux blanches mains invita les moines de « Cluny » à venir s'installer à Randens et leur donna l'église « Notre Dame des Grâces » (l'église se trouvait à l'emplacement actuel d'une croix de bois sur le chemin de Motte).

 

En 1236, Eléonore de Provence, épouse Henri III plantagenet roi d'Angleterre.Parmi les seigneurs qui suivent la reine, on remarque Pierre, futur comte de Savoie.

Mais pourquoi Pierre d'Aigueblanche, évêque d'Hereford en Angleterre choisit la Maurienne et non la Tarentaise, son pays d'origine ? Sans doute pour ne pas éclipser le prestige de l'archevêque de Moutiers.

L'église primitive qui avait été construite au pied de la montagne fut ensevelie le 12 Juin 1240 par un énorme éboulement produit par le ruisseau des combes dit du « Vorgeray ».
Une nouvelle église fut construite au même lieu avec le même vocable, mais pour se prémunir d'un nouveau danger une plantation de peupliers fut mise en place.

Dans les nombreuses missions qu'il eut à remplir en « Italie », Pierre d'Aigueblanche du s'arrêter plusieurs fois à Aiguebelle et remarqua un emplacement très approprié pour fonder une collégiale : un coteau sur la rive droite de l'arc.
La collégiale fut construite entre 1258 et 1267 et porta le nom de Sainte Catherine.
Le fondateur fit construire autour de l'église plusieurs maisons, une école qui formaient un ensemble entouré de murs de protection et qui prend le nom de « Pont Sainte Catherine ». Un hospice existait déjà à la « Maladière » (c'est lui qui a donné le nom du « village »).
La collégiale connaît un essor considérable jusqu’à la révolution.

En 1329 le traité de Randens mettant fin à la révolte des Arves est signé à la collégiale.

En 1536, les troupes de François 1er incendient et saccagent Aiguebelle et le village de « Randens ».

En 1597 la guerre entre Charles Emmanuel 1er et Henri IV causa beaucoup de dégâts. C'est à cette époque que le platane qui existe toujours à côté de l'église actuelle fut planté par Sully, ministre d'Henri IV qui séjourna à « Randens ».

Randens a souvent été rattaché à Aiguebelle. Les quelques maisons qui existaient autour de la collégiale prirent d'abord le nom de «Pont Ste Catherine » et plus tard le nom de « Franchise ».

 

Le 16 Novembre 1738 le châtelain de Notre Dame des Grâces convoqua les chefs de familles pour élire les syndics.
L'élection eut lieu le 23 Novembre 1738 et donna naissance à la commune de RANDENS.

En 1742, pour se protéger contre le retour offensif des espagnols chassés provisoirement, les troupes sardes coupèrent tous les peupliers pour les employer à la défense de « Charbonnières ».

En 1748 le torrent furieux ne rencontrant plus d'obstacles a tout envahi, église, cimetière et la moitié du village.L'église fut engloutie jusqu'au fenêtres du clocher. A cette colline ainsi formée, on a donné le nom de « Perrier » qui aujourd'hui a laissé la place au nom de «Perry ».

 

La paroisse est donc sans église et sans cimetière.
La révolution sonne le déclin de la collégiale qui est pratiquement détruite.

Au lieu d'entreprendre des réparations et de sauver ce qui peut l'être, la construction d'une nouvelle église est décidée (1822 - 1828). Elle se trouvera sur les ruines de la collégiale et portera le nom de « Notre Dame de l'Assomption » : c'est l'église actuelle.